
L’évolution rapide des sociétés et des mentalités a conduit les pays de l’Occident à changer profondément leur façon d’aborder l’aide aux populations moins favorisées. En prenant davantage en compte leurs intérêts et leurs besoins spécifiques, on a créé un processus innovant pour y promouvoir une croissance durable. On parle aujourd’hui d’entraide, au sens où la coopération n’est pas uniquement descendante, se croyant et se voulant “sachante pour les autres”, sinon stratégique, focalisée sur les intérêts européens. Les populations aidées promeuvent leur propre voie de développement local. Un tel processus nécessite une planification et une concertation entre les différents acteurs. Chaque participant est impliqué. Le codéveloppement vise à permettre aux gens de faire les choses par eux-mêmes et pour eux-mêmes, dans le respect de l’écologie. Cet article montrera comment le codéveloppement peut soutenir le cheminement du couple électif.
Couple électif et codéveloppement, quels enseignements mutuels ?
Le point commun évident entre codéveloppement et couple est la volonté d’agir de concert et de contribuer au déploiement de l’autre. En matière de codéveloppement, les réunions préparatoires sont extrêmement importantes, car elles permettent aux différents acteurs de décider ensemble des besoins auxquels il faut répondre et des actions envisagées en ce sens. Ces réunions se déroulent en présence de toutes les parties concernées, et chacun participe activement aux débats et aux prises de décisions. Le codéveloppement résulte de la participation effective, et sincèrement attentive, de chacun. Le but est d’adapter localement, sinon d’élaborer des repères directeurs et des méthodes qui portent fruit, dans des contextes toujours complexes. On accepte donc pour une part d’expérimenter, sachant qu’il faudra ajuster au fur et à mesure, en écoutant le terrain, en se laissant interpeller par le réel qui ne se met jamais en équations. Il n’y a qu’en “théorie” que tout marche comme prévu : dans le concret, il en va autrement. Ceci suppose que cela se fasse avec les personnes directement concernées, sinon par elles, jamais “à leur place”. La démarche vise à rendre les gens concepteurs et acteurs de leur développement.
Même, si tout le monde le veut, ce n’est pas si simple dans les faits, avec l’héritage économico-politique et culturel qui véhicule de nombreux schémas plus ou moins conscients de part et d’autre. Ce sont même les “représentations” qui doivent évoluer sur la notion même de projet, sinon de coopérations croisées. On apprend ensemble une manière innovante d’aborder les questions des besoins, des réponses à y apporter et des visées profondes du travail entrepris, selon les lieux. Une attention est enfin portée à la prise en compte des vulnérabilités et formes d’exclusions et d’incapacitations sociales, symboliques et concrètes, de tous ordres, avec les iniquités associées : genre, handicap, statut social, origines culturelles, etc.. On sort des récits convenus : exigeant, mais très porteur, et toujours à affiner.
Des outils favorisant la prise en compte des spécificités d’un couple électif
De nombreux outils du codéveloppement, aussi efficients qu’adaptables, sont transposables au couple choisi. En exprimant ses aspirations conjointes, le couple choisi se donne l’opportunité d’identifier des objectifs communs, et de fixer des sous-objectifs pour peaufiner son projet partagé. Grâce à l’arbre des objectifs, le couple électif organisera les priorités qui seront pondérées par des critères exacts, autour de valeurs fondamentales.
Ce n’est pas rien. Mais c’est encore peu de choses par rapport à la prise en compte des aléas et modifications inhérents à un projet en construction, sans oublier la place laissée aux aspects affectifs et aux choix personnels de chaque conjoint dans l’évolution visée et constatée. On prend soin d’intégrer les attentes, les imaginaires et les héritages culturels respectifs, afin de ne pas nourrir d’illusions sources de malentendus, ou encore de non-dits sources de rancœurs tenaces, sinon de déséquilibres structurels..

Le couple électif, la nécessité de co créer avec des outils efficients
Ce qui est précieux dans le codéveloppement, c’est le fait d’équiper la créativité adaptative. Justement, les couples et, par extension, les cellules familiales ne peuvent qu’inventer des solutions au fil des jours pour pouvoir répondre aux défis auxquels ils doivent faire face en permanence… Poser les bons choix, frayer d’autres voies, penser et agir autrement… Travailler la réciprocité et partager les responsabilités, parfois déléguer. Mesurer les effets des réajustements effectués, les revoir régulièrement. Autant de challenges que les conjoints sont amenés à relever ensemble. Il en faut, de la patience, de la discussion ! Rien n’est acquis une bonne fois pour toutes. Dans ce contexte, avoir la chance de pouvoir s’appuyer sur des outils, non seulement efficaces mais aussi adaptables, est extrêmement précieux.
Le codéveloppement selon les Nations Unies intègre les 17 Objectifs de Développement Durable afin de soutenir des projets de développement inspirants, initiés sur place par des acteurs locaux auprès de populations jusque-là défavorisées. Le couple choisi bénéficie utilement de ces outils pour soigner son écologie personnelle et son rapport à l’environnement.
Le codéveloppement, une méthode efficace et auto-évaluée
Un autre aspect marquant du codéveloppement est la capacité à mesurer les résultats obtenus. Toute une gamme d’outils est à disposition des personnes pour évaluer l’atteinte ou non des objectifs préalablement fixés ensemble. C’est l’atteinte de ces objectifs qui détermine les suites à donner au projet. Dans le cadre du couple électif, cela permet de prendre le temps de faire le point sur les décisions prises et leurs effets. On ne continue pas nécessairement à appliquer un processus qui n’est pas suffisamment efficient. Face à cette situation, les conjoints sont appelés à trouver conjointement une façon plus adaptée de répondre aux défis qu’ils rencontrent. Les temps d’échanges et de discussion en commun ont pour objet de déterminer la pertinence des solutions envisagées et leur portée. À nouveau, il s’agit de veiller à ce que personne ne se sente lésé, puisque les attentes de chacun sont légitimes et doivent être entendues, considérées et concédées. Bien sûr, il convient là de faire le possible : mais il n’y a pas de déséquilibre de principe qui s’établisse, ni de pérennisation indiscutée d’injustices flagrantes qui vaille. C’est nouveau si l’on songe aux conséquences fréquentes de comportements dominateurs quant aux possibilités d’épanouissement et de réalisation personnelle et collective sur des populations pourtant compétentes et dynamiques qu’on infériorise et peut exploiter avec cynisme.
L’essentiel en quelques mots
Le codéveloppement peut apporter beaucoup aux couples électifs. Les enseignements majeurs sont le goût du déploiement de l’autre et du renforcement de ses capacités, comme de celles du couple, et pour cela, la coopération, la planification, l’évolution constante appuyée sur une réévaluation permanente. Comme nous l’avons vu dans cet article, on peut observer :
- Le couple électif tire des enseignements du codéveloppement
- La prise en compte réelle de toutes les spécificités d’un duo conjugal est possible avec le codéveloppement
- Le couple choisi doit s’adapter et le codéveloppement lui fournit des outils efficients
- L’union amoureuse a besoin de l’autoévaluation proposée par le codéveloppement
Par ailleurs, le codéveloppement intègre et s’intègre dans une démarche d’écologie intégrale. Ceci induit qu’en s’y référant, le couple conjugal prendra soin de ses relations internes, familiales et interpersonnelles. Pour en savoir plus, plongez-vous dans l’excellent livre de Sylvie Barth, autrice, conférencière et spécialiste du couple et vous y trouverez le trésor qu’est le couple électif. Avec “Créer son couple quand la planète crie”, elle nous propose un livre engagé et vivant pour poursuivre cette plongée dans le couple électif, avec sa contribution pour élaborer une autre façon d’habiter la Maison commune.
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Article écrit par :

L’Encrier de l’Atelier
Rédacteur Web Freelance
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