Pour approfondir :
Le couple électif, ouverture sur le monde, un appui contre l’imprévu
Transcription des vidéos
Vous vous intéressez au couple électif, voulez-vous vous présenter ?
– Je vous présente, Luc-Olivier, mon mari. Il est pasteur et théologien. Luc-Olivier, pour toi, être pasteur et théologien, c’est quoi la différence ?
– Bonjour, alors pasteur, c’est accompagner les personnes dans différentes étapes importantes de la vie : baptême, mariage, enterrement puis toute autre situation. Théologien, c’est aller puiser dans le trésor insondable de la spiritualité chrétienne, des écritures bibliques pour en retirer une lumière, une espérance qui permet d’éclairer chaque situation et ensuite de la partager en pasteur. Je trouve que les deux sont très complémentaires. Sarah, ma chère épouse est professeur de clarinette et aussi musicothérapeute. Alors Sarah, être, musicothérapeute, c’est quoi exactement pour toi ?
– Pour moi, être musicothérapeute, c’est utiliser la musique pour permettre à des personnes, en l’occurrence des enfants, de s’exprimer et de communiquer et de s’épanouir.
– Alors Sarah, ça fait vingt-sept ans qu’on est mariés. Hein, ça fait une bonne tranche de vie. Nous avons eu la chance d’avoir trois filles qui maintenant sont de jeunes adultes.
– Avec tous les défis et tous les enjeux que cela comporte pour elle et pour nous.
Le couple, état ou chemin ? La confiance est-elle un appui ?
– Luc-Olivier, tu te rends compte. Cela fait vingt-sept ans que nous sommes mariés. Et oui, vingt-sept ans que notre état civil est marié et pourtant je ne considère pas notre situation comme un état mais plus comme un cheminement, un cheminement que nous avons fait, ensemble, durant toutes ces années avec tout ce que ça implique de changements, d’évolutions, d’adaptations et de transformations.
– Et j’avoue que grâce à la confiance que tu m’as faite, grâce à ce que nous avons partagé par moment, ça a été une vraie source, un appui pour affronter l’adversité. L’adversité, que ça soit dans le milieu professionnel que ce soit dans les différentes situations de la vie. Ça a été un ressourcement que de pouvoir m’appuyer sur cette confiance qui circulait entre nous. Et à d’autres moments, nous étions aussi dans des quêtes d’équilibre entre vie professionnelle, vie familiale, vie conjugale. C’était pas facile de trouver cet équilibre pour qu’on puisse vraiment s’épanouir mutuellement et là dans ces moments-là, de s’ouvrir au monde, d’aller puiser dans des expériences diverses au-delà de notre propre couple. En pouvant tisser des relations avec des amis, en entendant des choses aussi de leur part de ses amis. Eh ben ça a permis de retrouver cet équilibre et ainsi tout le temps passé, ça n’a pas été un long fleuve tranquille, mais petit à petit on retrouve et quand on retrouve l’équilibre, c’est jamais le même, on retrouve quelque chose de différent grâce à toute cette évolution.
Faut-il chercher à l’extérieur des ressources pour garder la joie ?
– Alors Sarah, dans toute cette évolution, le fait que notre relation dure depuis aussi longtemps, dans toute cette évolution : qu’est-ce qui toi t’a permis de garder la joie ?
– Y a un élément qui me paraît fondamental aujourd’hui, c’est que chacun dans le couple ait sa place en tant qu’individu à part entière. Et nous avons cette chance-là, de ne pas être obligés de rentrer dans une norme socialement imposée. C’est une chance, c’est parfois un défi. Cela implique de prendre soin de soi-même autant que de prendre soin de sa relation.
– Je pense que ce que tu dis est très important par rapport au fait aussi que, on a aussi des images sociales du pasteur, vis-à-vis de la femme du pasteur, et que par moment ça peut être des images qui éteignent notre singularité, notre personnalité. On a l’impression qu’il faut rentrer dans un rôle et dans ces moments-là, il est important de garder une certaine liberté pour pouvoir trouver aussi de l’initiative, de l’envie pour investir ses rôles et en les rendant vivants et que ça ne devienne pas quelque chose de carcans qui nous étouffe. Et personnellement, il m’a semblé au cours de ce temps très important pour garder la joie entre nous de ne pas tout attendre de toi quand j’avais besoin d’aide, ou d’écoute, d’aller aussi chercher des ressources ailleurs, de pouvoir entreprendre un travail sur moi-même par rapport à mon propre cheminement avec quelqu’un. Une accompagnatrice spirituelle et ça, ça m’a permis de trouver mon propre équilibre et puis d’investir différemment notre relation où on est chacun adulte l’un vis-à-vis de l’autre. Y a pas un de nous qui devrait être le parent par rapport à l’autre, qui devrait être toujours dans le soutien, toujours dans l’aide, et que l’autre devra toujours bénéficier de cette aide. Dans le couple, il faut toujours aussi trouver un équilibre où chacun, nous sommes adultes et responsables de la qualité de la relation et de ne pas faire peser sur l’autre trop d’attente.
– Il me semble effectivement que c’est ce chemin qu’on a fait l’un et l’autre.
– Grandir, changer cette dynamique qui nous a fait grandir pour aujourd’hui dans notre couple.
– Donc Olivier, dans ta profession, tu utilises le texte biblique et tu vas y puiser des ressources pour soutenir des couples, des mariages et donner une parole qui interpelle. Est-ce que tu pourrais nous partager une de ses paroles qui pourrait être une ouverture pour nous aujourd’hui en tant que couple ?
Y a-t-il dans la Bible des paroles pour nourrir la vie d’un couple durable ?
– Volontiers, c’est très classique. C’est dans le livre de la Genèse, 1er livre de la Bible, chapitre 2, verset 20. Vous savez, c’est le passage où Adam, le créateur, le Seigneur lui montre toute la création et Adam voit les animaux, voit les végétaux mais il ne trouve pas d’aide et il ne trouve pas de vis-à-vis qui lui soit semblable. Et en fait Adam ça ne lui suffit pas comme relation. .et donc il aspire à une autre relation mais le verset du livre dit mais Adam ne trouva pas d’aide qui fut son vis à vis et je trouve cette expression magnifique parce que il cherche une relation ou il peut être en dialogue avec l’autre, une aide qui est de la bienveillance, qui est de l’ouverture, du respect mais qui soit aussi son vis à vis c’est à dire que un vis à vis qui peut lui tenir tête et que le dialogue ne soit pas simplement unilatéral que dans un sens que ça soit une parole qui circule une longue conversation et le Talmud a une expression magnifique en disant tant que Adam est dans une orientation éthique et bien Eve peut être pour lui une aide, un soutien, un relais pour qu’il puisse aller au bout de cette intention éthique mais si Adam n’est plus dans cette orientation éthique et dans cette intention éthique et bien à ce moment là Eve se dresse face à lui pour être dans son vis à vis et je trouve que dans cette relation de couple il y a cet enjeu d’être l’un pour l’autre à la fois des aides mais aussi des vis-à-vis et que les rôles bougent, évoluent. Ainsi le couple n’est jamais statique, c’est jamais une fusion.
– Oui, de cette relation, de ce dialogue entre nous, mon regard s’élargit et je vois, j’appréhende le monde, les autres, les rencontres différemment.
Prochainement sur le blog, le couple électif :
« choisir de s’unir »
Pour en savoir plus, plongez-vous dans l’excellent livre de Sylvie Barth, autrice, conférencière et spécialiste du couple et vous y trouverez le trésor qu’est le couple électif. Avec “Créer son couple quand la planète crie”, elle nous propose un livre engagé et vivant pour poursuivre cette plongée dans le couple électif !
Laissez-nous vos commentaires ci-dessous.

Transcription réalisée par :







Laisser un commentaire