Le Couple électif : en route vers une nouvelle Période géologique

L’espèce humaine est la seule à pouvoir marquer de son empreinte les écosystèmes environnants, et même la Terre. L’anthropocène résume l’impact décisif des activités humaines sur le milieu qui les entoure. Le phénomène n’est pas nouveau puisque, selon certains scientifiques, les activités socio-économiques de l’être humain ont un effet réel depuis l’invention de l’agriculture. Il est pourtant devenu urgent de mettre au service du vivant notre capacité à innover. Notre responsabilité collective est pleinement engagée, car certains de nos actes ont engendré des conséquences irrémédiables. L’anthropocène est une nouvelle période géologique aux contours temporels encore imprécis. Elle succède à l’Holocène. L’étude du comportement humain nous amène à reconsidérer notre place au sein des écosystèmes, et l’empreinte néfaste de nos activités productives sur la permanence du vivant. Par sa volonté de reconsidérer les rapports humains dominateurs, le couple électif peut nous livrer de précieux enseignements. 

Le couple électif et l’anthropocène, une juxtaposition de circonstance

Il existe un lien de fait entre l’anthropocène et la dimension du collectif, puisque l’anthropocène se présente comme une période où l’impact de l’humanité sur son milieu est à la fois total et néfaste pour tous. Le couple et la famille sont concernés, en premier lieu, en tant que vecteurs et transmetteurs de vie, par les défis de l’anthropocène, quand l’urgence écologique implique une action massive et rapide, qui ne saurait se satisfaire d’évolutions lentes. 

À cent lieues des mariages arrangés d’antan et de la fixité de leur modèle inégalitaire, la dynamique du couple électif, qui pose et pilote ses choix de façon concertée, souple et proactive, est un atout pour le devenir collectif. Ce que le couple expérimente et découvre dans la vie à deux crée des modèles positifs pour un vivre-ensemble assaini, inventif et solidaire. 

Le couple électif et l’empreinte du néocapitalisme

La surconsommation et la surproduction affectent vraiment les écosystèmes, mais aussi les êtres humains. La société néocapitaliste exerce une pression constante sur tous, et par là même, sur le couple et la cellule familiale. L’injonction de produire plus pour gagner plus, afin de consommer plus, isole et enferme. Ceci abîme le lien social, dégrade la santé mentale et fragilise la vie à deux.

Il y a une vraie tension entre le rejet de principe de la violence domestique et ordinaire, et le degré inégalé de la violence économique et institutionnelle. Par exemple, la pression exercée sur les parents avec des exigences irréalistes, alors même que les repères pour l’éducation n’ont jamais été aussi flous. Entre exigence de performance et désengagement concret de la majeure partie des services éducatifs institutionnels, les parents se retrouvent bien seuls face au ressenti, aux attentes, et aux besoins réels de leurs enfants. 

Couple électif et impact environnemental : peut-on encore faire des bébés

Le couple électif ne se réduit pas à un entre-soi enamouré, en consommateur de son seul bonheur égoïste. Son projet partenarial suppose de transformer le rapport à l’autre et au vivant. Notre société actuelle avec ses défis écologiques met, entre autres, les couples dans une situation délicate par rapport au désir de transmettre la vie. Comment l’envisager quand le monde semble devenir inhospitalier, aujourd’hui et demain ? Même si l’expérience passée valide le bien-fondé de la transmission de la vie humaine, tenter ce pari de nos jours n’a rien d’évident. Au nom de quoi sauter le pas quand tous les signaux sont au rouge ? La natalité s’effondre, bien que les moyens disponibles pour protéger les parturientes et les nouveau-nés aient beaucoup progressé.

Il est urgent de retrouver du sens et de l’équilibre. Et il conviendrait de privilégier la relation à l’autre plutôt que l’addiction aux écrans. Car renoncer à être parent pour des raisons écologiques n’est pas très réaliste quand on considère l’impact réel dû à l’enfant une fois né, surtout bien éduqué, par rapport aux facteurs macroéconomiques bien plus décisifs… Sans parler du bilan carbone des animaux de compagnie carnivores, qu’on plébiscite. Il importe de réhabiliter le désir et de retrouver le sens et la joie d’être ensemble

L’économie de marché n’épargne personne mais affecte plus durement les vulnérables 

Les personnes seules sont plus vulnérables face à l’ultra-libéralisme. La société de consommation néglige, sinon méprise, la vulnérabilité propre à l’être humain. Au contraire, les processus de codéveloppement, les initiatives comme les tiers-lieux, des méthodes de coopération et des techniques de concertation développées dans la société civile, voire au bénéfice du développement durable de l’amour dans les couples, sont de bonnes pistes à suivre.

Il y a aussi un lien entre la cohabitation étroite entre humains et animaux sauvages, et la propagation de virus mutants redoutables. Il est dangereux de rapprocher les espèces normalement séparées par les milieux naturels. La destruction des habitats de la faune sauvage, et la surconsommation des produits d’origine animale pour divers usages entraînent un rapprochement qui majore les risques de transmissions, comme l’a montré la pandémie récente. Ne pas remettre en cause nos modes de fonctionnement globaux, jusque dans nos maisons, nous expose à d’autres scénarios catastrophe. 

Le désir nous resitue comme des êtres doués de sens, inscrits dans la texture du vivant. Loin d’être de purs esprits, les humains sont des êtres de relation qui interagissent spontanément avec les autres et leur milieu, et ce, depuis toujours. En ce sens, il leur faudrait mieux traiter la source de leur amour de couple, qui a bénéficié de leur avancée culturelle, aussi même titre que la ressource en eau, si vite altérée. Aucune ressource n’est inépuisable et lorsqu’elle est souillée, elle devient vectrice de maladie et de mort pour toute la chaîne du vivant.

L’essentiel en deux mots 

La situation est très sérieuse, mais tout espoir n’est pas perdu. En se mettant résolument à l’école du couple électif, et en investissant ce mode de relation conjugale de façon conséquente, on peut trouver davantage de moyens pour changer la donne. Il reste possible d’apporter au monde de nouveaux paradigmes et même, un nouveau souffle. En considérant que :

  • Les couples et l’anthropocène coïncident par un hasard de calendrier
  • Le néocapitalisme marque d’une empreinte très négative l’environnement et les relations interpersonnelles
  • Le souci écologique met le désir d’enfant à mal
  • Les plus vulnérables sont les plus fragiles face à l’économie de marché

Inventons cette écologie de l’espérance et de la joie : la décroissance heureuse, le retour du sens. La joie est une arme de construction massive ! Il ne faut pas se demander si le prix à payer devrait être l’extinction de l’humanité; mais avancer résolument vers un avenir encore désirable.  

Au terme de cet article, une question se pose : voulez-vous en savoir plus ? Si la réponse est oui, n’hésitez pas, plongez-vous dans l’excellent livre de Sylvie Barth, autrice, conférencière et spécialiste du couple et vous y trouverez le trésor qu’est le couple électif. Avec “Créer son couple quand la planète crie”, elle nous propose un livre engagé et vivant pour poursuivre cette plongée dans le couple électif !

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Article écrit par :

L’Encrier de l’Atelier

Rédacteur Web Freelance

​​​✉️​ lencrier.delatelier@gmail.com

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